Dans son sens architectural, le chevet est la partie de l’église (murs, vitraux, toiture, absides ou absidioles…) où sont situés le chœur et le maître-autel. A quelques rares exceptions près, il se trouve sur la face est de l’église.

Dans la vallée de l’Elorn, on rencontre essentiellement trois types de chevets :

Le chevet plat (ou quadrangulaire) est la forme la plus ancienne et la plus simple. Il convient aux édifices qui possèdent un vaste vitrail derrière le maître-autel. Cependant, le chevet plat présente souvent un inconvénient : le chœur est insuffisamment éclairé.

Chevet plat

Eglises à chevet plat : La Roche-Maurice, Saint-Thomas de Landerneau, Landivisiau, Lanneuffret, Le Tréhou, Pencran, Plouédern, Plounéventer, Saint-Divy, Trémaouézan

Chevet plat - La Roche-Maurice

Le chevet semi-circulaire, qui a fleuri à l’époque romane et qui est resté courant en d’autres régions, n’a pas réussi à convaincre les constructeurs de la vallée de l’Elorn aux XVIe et XVIIe siècles. Celui de Ploudiry reste une exception.

Chevet semi-circulaire
Chevet semi-circulaire - Ploudiry

Le chevet polygonal, en revanche, aura un succès éclatant dès le début du XVIe siècle, grâce aux bâtisseurs de la famille Beaumanoir, originaires de Plougonven ou de Morlaix. Il ne semble pas que les Beaumanoir aient inventé ce nouveau style, mais ils ont su le propager dans le Léon, suivis par les autres architectes.

Le principe consiste à élever des chevets à trois pans, chacun percé d’une fenêtre. Les fenêtres latérales apportent un éclairage supplémentaire au chœur. Le développement des retables baroques conduira, dans certaines églises, à placer devant la fenêtre centrale un grand retable éclairé par les fenêtres latérales. La fenêtre centrale, devenue inutile, sera murée. Au cours du XVIIe siècle, le pan central est fréquemment aveugle dès sa construction (ex. : Locmélar).

Le chevet de style Beaumanoir est spectaculaire à l’extérieur. Chacun des trois pan est surmonté d’un gable pointu dont les rampants sont souvent ornés de crosses (ou crochets). Les pentes des trois toits se rejoignent au-dessus du choeur et les lignes de rencontre sont nommées « des noues », d’où l’autre appellation donnée à ce style : le chevet à noues multiples.

Chevet de style Beaumanoir - Lampaul-Guimiliau

Sur les modèles les plus élaborés, les angles du chevet sont renforcés par des contreforts amortis d’un lanternon. L’eau de pluie coule dans les noues, passe par des orifices à travers les contreforts et est évacuée par des gargouilles.
Dans la vallée de l’Elorn : Bodilis, Guimiliau, La Martyre, Lampaul-Guimiliau, Loc-Eguiner, Locmélar, Saint-Cadou (Sizun), Saint-Sauveur, Sizun

Chevet de style Beaumanoir - Lampaul-Guimiliau

Dès leur construction ou au cours de restaurations, certaines églises ont adopté un chevet polygonal plus simple en supprimant les gables et les noues : les sommets des pans sont horizontaux et le chevet est coiffé d’une seule toiture à plusieurs versants.
Exemples : Commana, Dirinon, Saint-Servais, Tréflévénez

Chevet polygonal - Commana