Chaire de l’église de La Martyre (29)
La chaire à prêcher est une tribune surélevée dans la nef de l’église, où le prêtre peut dire son homélie en étant vu et entendu par les fidèles.
Avant le Concile de Trente (1545-1563), la lecture des textes sacrés et le prêche se faisaient de la tribune située au-dessus du jubé. Le Concile de Trente a recommandé d’associer plus étroitement les fidèles à la célébration eucharistique, ce qui a entraîné la suppression des jubés et l’installation de chaires à prêcher. Elevées au milieu de la nef, ces dernières permettaient au célébrant d’être au plus près des fidèles lorsqu’il leur parlait. C’est ainsi que la plupart des chaires de nos églises sont apparues à la fin à la fin du XVIe ou au cours du XVIIe siècle.
Au XXe siècle, avec la généralisation du matériel sono, les chaires ont perdu leur utilité. Le célébrant parle désormais aux fidèles à l’aide d’un micro depuis un ambon placé dans le chœur.
Les différentes parties de la chaire
1. La cuve — C’est l’élément principal de la chaire : une tribune de forme ronde ou polygonale, où se tient le prédicateur. Les côtés sont généralement ornés de panneaux sculptés où figurent souvent les quatre évangélistes avec leurs attributs : Matthieu et l’ange (ou l’homme), Marc et le lion, Luc et le taureau, Jean et l’aigle. Mais parfois on a représenté les symboles des trois vertus théologales : la Foi, l’Espérance et la Charité.
2. Le culot — Partie en forme de cône inversé sous la cuve.
3. L’escalier — Il permet au célébrant de monter dans la chaire. Il peut être placé contre un mur ou faire le tour d’un pilier. Il est habituellement fermé par un portillon à chaque extrémité. Le côté externe de l’escalier est souvent orné de panneaux sculptés.
4. Le dorsal — Panneau vertical situé à l’arrière, entre la cuve et l’abat-voix. Certains sont d’une grande sobriété. Mais d’autres arborent une décoration qui évoque la parole divine, par exemple des allégories de l’Ancien et du Nouveau Testaments.
5. L’abat-voix — Dais placé au-dessus du prédicateur, il a d’abord un rôle utilitaire : il rabat la voix du célébrant vers son auditoire dans la nef. La colombe du Saint-Esprit dans une gloire est généralement fixée sous sa face inférieure pour signifier que le prédicateur est inspiré par l’Esprit divin.
6. L’amortissement — Placé au sommet de l’abat-voix, cet élément peut être une croix, des emblèmes pontificaux, ou un ange qui sonne de la trompette, signe de la fin des temps et de la résurrection des morts.