Baptistère de Trémaouézan

Evolution au cours des siècles
Aux premiers siècles de l’Eglise, le baptistère était une construction, à l’extérieur d’une cathédrale ou d’une église, où le baptême était administré par immersion dans une grande piscine baptismale, majoritairement à des adultes. Au fil des siècles, le baptême par immersion disparaît, remplacé par le baptême par aspersion qui ne nécessite qu’une cuve de taille plus modeste. Le baptistère sera alors accolé à l’église, parfois placé dans le porche ou à l’intérieur de l’église. Cet emplacement va se généraliser, mais le baptistère a conservé l’aspect d’une chapelle abritant les fonts baptismaux, c’est-à-dire la cuve baptismale.

La cuve baptismale

Cuve double à Loc-Eguiner


C’est l’élément le plus important du baptistère. Cette cuve contient l’eau bénite pour administrer le baptême. Elle est souvent taillée dans le granite, le kersanton ou le marbre.
La plupart des cuves des XVIe et XVIIe siècles portent sur leur pourtour l’inscription latine ou française : « Celui qui aura cru et aura été baptisé sera sauvé. »
Certaines cuves sont doubles : accolée à la grande cuve, une plus petite, appelée « piscine », est destinée à recevoir l’eau versée pendant le baptême.

Le baldaquin
De forme circulaire ou polygonale, le baldaquin se compose habituellement :

  • d’une partie basse : la clôture. Celle-ci peut être constituée de panneaux de bois assemblés, ou d’une balustrade (en pierre ou en bois), ou d’une grille en fer forgé. Un portillon permet d’accéder à la cuve.
  • d’une partie intermédiaire : une colonnade dressée sur la clôture et supportant le dais. Des statues de saints ou de Vertus (théologales et/ou cardinales) sont parfois adossées à ces colonnes.
  • d’une partie supérieure : le dais, lui-même composé :
    • d’un intrados (la face inférieure) avec la colombe du Saint-Esprit ou une représentation de Jean-Baptiste baptisant le Christ dans le Jourdain
    • d’un entablement portant un tambour polygonal ou circulaire entouré de statuettes qui peuvent figurer : le Père éternel, le Christ sauveur, les apôtres, les saints honorés localement…
    • d’un dôme parfois coiffé d’un lanternon
    • d’un couronnement qui peut être une croix, le Christ ressuscité, un ange…

Au XVIIIe siècle, les baptistères adoptent une structure plus ouverte sur l’église. A Ploudiry et au Tréhou, quatre colonnes soutiennent une corniche en hémicycle sur laquelle reposent des volutes. Le couronnement est une gloire, symbole de la présence divine.